Maison FARILU

Une boulangerie artisanale vraiment pas comme les autres

On parle de nous

Du pain et des copains chez Farilu

DH du 25 juillet 2016 : Du pain et des copains chez Farilu – DH (PDF)

Créons du lien

Femmes d’aujourd’hui Bonheur 2013 : Bon comme du bon pain (PDF)

Boulangerie la plus populaire

Jennifer Istace (stagiaire), Le Soir – 12/12/2012 : Farilu, boulangerie la plus populaire (PDF)

La Capitale – 12/12/2012 : Farilu élue boulangerie la plus populaire (PDF)

Farilu, une initiative très active à épingler … et à encourager

Agora, le magazine du service public européen et international – Décembre 2012 : Farilu, initiative à épingler (PDF)

Farilu: une boulangerie pas comme les autres

L’officiel de Watermael-Boitsfort – mai 2011 : Une boulangerie pas comme les autres (PDF)

Farilu ou la boulangerie de tous les possibles

Fabienne Van Mello, Les Parents et l’Ecole – mars-avril-mai 2011 : La boulangerie de tous les possibles (PDF)

Du pain d’un autre goût

Stéphanie Bocart , La Libre Belgique – 06/01/2011
L’ASBL JEST lance son projet “maison Farilu”. Une boulangerie dont les produits sont concoctés par quinze jeunes handicapés mentaux modérés.

Des cartons, des seaux de peinture, un escabeau, une visseuse, du papier journal éparpillé un peu partout pour protéger le sol; au 71, rue des Garennes, à Watermael-Boitsfort, c’est l’effervescence pour achever les travaux avant le jour J. Jeudi prochain, le 13 janvier, l’ASBL « Jamais eux sans toi » (JEST) donnera officiellement le coup d’envoi de son projet « Handicapé n’est pas un métier » au lieu-dit « la maison Farilu ».

Voici onze ans que Mariane Mormont, kinésithérapeute auprès d’enfants porteurs de déficience intellectuelle, et Raymonde Decorte, maman d’un enfant trisomique, ont fondé leur association. « A l’époque, je cherchais des activités de loisirs pour mon fils, mais en vain. Je ne trouvais rien ou bien ce n’était pas adapté », raconte Mme Decorte.

Avec Mariane Mormont, elle décide alors de créer l’ASBL Jamais eux sans toi, « une association spécifique permettant à de jeunes handicapés mentaux légers et modérés de pratiquer des activités de loisirs ». A ce jour, l’ASBL a accueilli près de 350 enfants et adolescents la semaine après les heures scolaires, les week-ends et pendant les vacances. Au menu ? Escalade, VTT, ski, roller, skateboard, jeux de ballons, etc. « Nous avons décidé de ne rien exclure comme loisir pour ces jeunes. Ce qui a fait notre force, c’est que nous avons créé des pédagogies pour tout leur apprendre de façon spécifique à leurs difficultés, leur rythme, leur personnalité », s’enthousiasme Mariane Mormont.

« Certains des jeunes ont fréquenté notre ASBL pendant ces onze ans. A présent, ils ont 18 ou 21 ans et ont terminé l’école. Mais, après l’école, il n’y a plus rien de prévu pour eux. Ils doivent quitter l’école et les centres de jour sont saturés. En région bruxelloise, il manque ainsi 300 à 350 places en centres de jour », déplore Raymonde Decorte. Face à cette situation, « nous avons eu une responsabilité morale; nous ne pouvions pas laisser ces jeunes sans rien », enchaîne sa collègue.

Il y a deux ans, Mariane Mormont perd sa maman. « Trois mois après son décès, j’ai dit à Raymonde : « Et si on essayait de faire quelque chose pour nos jeunes adultes dans cette maison ? » Il y avait pour moi comme une évidence : j’avais envie que la maison de mon enfance continue à vivre. J’ai donc pris la décision de mettre cette maison à disposition de l’ASBL par bail emphytéotique », confie la kinésithérapeute.

Très vite le projet naît sur papier : la maison, baptisée « maison Farilu », accueillera une boulangerie/chocolaterie dont les produits seront concoctés, vendus au magasin ou livrés à domicile par quinze jeunes handicapés mentaux modérés, âgés de 18 à 22 ans, arrivés en fin de scolarité.

Pourquoi une boulangerie ? « Le pain, c’est quelque chose dont on a besoin tous les jours. C’est un échange, un partage », explique Raymonde Decorte. Mais surtout, « ces jeunes vont bénéficier d’une formation professionnelle », insiste Mariane Mormont. De fait, la maison Farilu comprend, outre un magasin destiné à la vente, deux ateliers de formation, l’un pour la boulangerie et l’autre pour la chocolaterie. « Pédagogiquement, la boulangerie est un travail que l’on peut partager en tâches successives. De plus, nous voulions un projet qui leur apporte une valorisation, une insertion sociale et une activité de métier. Quant à la chocolaterie, ce sont eux qui l’ont demandée, après une visite au Ceria. »

Les apprentis boulangers et chocolatiers ont déjà entamé leur formation depuis mi-septembre au siège social de l’ASBL JEST, avant d’intégrer leurs nouveaux locaux dès le 17 janvier.

Structure novatrice, la maison Farilu, totalement créée sur fonds privés, se situe entre le centre de jour et l’entreprise de travail adapté. « Les jeunes travailleront de 8 h à 16h30. Les premiers pains sortiront donc du four vers 11h-12h et les suivants dans l’après-midi. Il y aura aussi un service de livraison à domicile, assuré par les jeunes à pied ou à vélo, précisent les deux fondatrices. Mais il nous faudra trois mois d’adaptation pour que les jeunes puissent trouver leurs repères et leur rythme. »

Leur formation est assurée par un boulanger/chocolatier professionnel, Eric Thibert, lui-même non-entendant. « Chaque jeune a différentes difficultés. Avec l’équipe, on adapte donc l’apprentissage à chacun, par exemple à l’aide de pictogrammes ou via la gestuelle. Il faut avant tout beaucoup de patience », explique-t-il. Par ailleurs, la maison Farilu est équipée de technologies de pointe pour réduire les conséquences du handicap des jeunes : une caisse enregistreuse a été spécialement conçue pour les aider à manipuler l’argent et une diviseuse leur permet de former des pâtons au poids qu’ils souhaitent.

Tartes au sucre, aux pommes, aux abricots ; cougnous ; croissants ; etc. Michaël, 22 ans, « Farilusien », s’est déjà essayé à de nombreuses techniques culinaires. Ses préparations préférées ? « La tarte aux pommes et les couques au chocolat ! […]. Le projet vise avant tout à encourager et soutenir ces jeunes différents dans leur démarche d’autonomie. « Tant que les jeunes sont heureux et portent activement le projet, ils peuvent rester à la maison Farilu, assure Mariane Mormont. Et si l’un d’eux pouvait trouver une place pour devenir aidant dans une vraie boulangerie, ce serait la cerise sur le gâteau ! »