Maison FARILU

Une boulangerie artisanale vraiment pas comme les autres

Paroles de familles

Depuis que notre fils est arrivé à Farilu, nous avons vu une très grande évolution de ses capacités et de son comportement. Il positionne son identité, il parle en « Je » – « Je vais travailler » nous dit-il tous les matins. Ce magnifique projet rencontre nos idéaux en matière de prise en charge de la personne handicapée mentale. Et de plus, symboliquement, il répond au premier besoin physiologique de l’être humain – se nourrir…

A partir d’un environnement adapté, les diverses activités proposées sur le thème de la boulangerie, permettent à notre fils de développer de nouveaux comportements, de nouvelles capacités. Il se rend compte de son utilité puisque le fruit de son travail est vendu et cela le rend fier.

Nous avons donc ici une association qui permet à la personne handicapée mentale de donner un sens à sa vie, une réelle utilité incluse dans un tissu socio-économique et parfaitement accueillie dans le quartier.

 

Après 5 jours d’un stage préalable positif à Farilu, notre fille y est entrée à temps plein.

Dès le début, notre fille s’est bien intégrée au groupe de jeunes existant ainsi qu’aux encadrants.

Sa principale difficulté a été de s’adapter à son nouveau rythme de travail. Présente de 8h à 16h, il fallait s’habituer à se lever plus tôt et à « tenir » toute une journée. Ce qui fut fait. A présent, elle se lève sans problème et accomplit sa tâche quotidienne sans trop grande fatigue.

Une autre évolution à souligner concerne son moyen de locomotion. Les premiers temps, mon mari et moi devions nous relayer pour aller la rechercher l’après-midi.

Mais, ô chance, une nouvelle ligne de tram s’est ouverte presque au moment de son inscription.

Nous lui avons donc proposé de faire un premier essai de trajet (accompagnée par son père) afin de la familiariser avec ce nouveau moyen de transport.

Rapidement, un nouvel acquis s’est donc mis en place : Elle pouvait maintenant se rendre chez Farilu le matin seule et revenir le soir de la même façon ! Quel progrès pour elle (et pour nous) !

D’une manière générale, elle est épanouie, sereine… La boulangerie/pâtisserie a toujours été son pôle d’attraction alors, une maison basée sur cette activité qui s’ouvre à Boitsfort pour nous qui habitons Woluwé-St-Pierre, quelle aubaine !

Ceci est d’autant plus vrai qu’elle a du mal à s’occuper seule. Elle a besoin d’un programme préétabli, d’une prise en charge, sinon c’est TV, radio et « je tourne en rond »…

Mais depuis peu, autre signe de progrès, pour la première fois l’attrait pour la lecture s’est manifesté chez elle. Ceci constitue, pour nous parents, source de grande joie.

Ariane nous semble bien à sa place, et de ce fait, apaisée (ce qui n’a pas toujours été le cas). Nous avons dû faire face à d’immenses angoisses de sa part les années antérieures et, pour nous, son épanouissement actuel est inespéré.

 

Il a rejoint la maison Farilu en octobre 2011.

J’espère que vous êtes aussi ému que moi, sa maman, de lire son parcours.

Il est complètement autonome en transport en commun. Le matin il prend 2 bus et un tram pour se rendre à Farilu ; premier bus à 6h55’. Le soir, il fait le trajet dans l’autre sens. Il est capable de définir un nouveau trajet tout seul et même s’il se perd, il n’hésite pas à demander des directions.

Il aime toujours autant manger mais il a gagné énormément en autonomie. Il prépare ses tartines pour le repas du midi à Farilu ; s’il doit manger seul le soir, il chauffe son plat. Il se prépare un café et m’aide à faire la cuisine. Il met la table et débarrasse sans qu’on doive lui demander. La cuisine brille ! Il a développé une dextérité manuelle importante et comprend beaucoup mieux les étapes de préparation de nourriture (quand l’eau bout, quand le gâteau est prêt, etc.). Il est parfaitement autonome dans les tâches qui lui sont attribuées (sortir les poubelles le mardi matin, nettoyer la cuisine après avoir préparé ses tartines, nettoyer sa boîte de pique-nique, etc.). Il a de bonnes manières à table même s’il mange toujours trop vite. Nous allons au restaurant et il est souvent un exemple pour les autres.

Il est totalement autonome pour sa toilette et le fait de s’habiller. On a dû lui apprendre comment bien se raser mais la chose est maîtrisée maintenant. Il se lève tout seul vers 6h, prépare son sac, s’habille et vient dans la cuisine pour manger, prendre ses médicaments et préparer ses tartines pour le midi. Il aime toujours s’habiller en neuf mais a développé un meilleur sens de ce qui est approprié à chaque situation. Il m’alerte quand il lui manque du dentifrice, du gel à raser ou shampooing et fait « ses » courses pendant que je fais les miennes. Souvent, il va faire les courses seul pour moi ou pour une autre personne. Aucun problème avec la monnaie !

Il fait son lit tous les matins, range ses vêtements propres dans son armoire, fait son sac. Il aide dans les tâches ménagères (passer l’aspirateur, ranger la cuisine, les courses). Je lui ai appris les rudiments de la lessive et il repasse des choses simples de temps à autre. Il aide mon époux dans les tâches de jardinage et est toujours prêt à donner un coup de main même s’il faut le lui demander.

Il est beaucoup plus éveillé aux dangers : il ne prête plus son GSM, ne donne plus d’argent, quand on le lui demande dans la rue, ferme toujours la porte à clé. Il a montré plusieurs fois qu’il réfléchit très bien en situation de détresse et se débrouille pour rentrer à la maison, demander de l’aide, prévenir la police.

Il a fait d’énormes progrès dans ses possibilités de communication. Toujours très sociable, il mesure beaucoup mieux la discussion et ce qu’il est approprié à apporter. Il est dans le quotidien, suit une conversation et n’aborde plus de sujets sans lien. Il ne parle plus aux étrangers sans raison et n’est plus du tout dérangé par les transports en public ni les bains de foule.

Nous avons visité Roch Werchter et il était parfaitement à l’aise dans une foule de 85.000 personnes ; il n’a pas hésité à chercher à manger une glace tout seul.
En résumé, il a fait d’énormes progrès qui s’accélèrent encore depuis qu’il est à Farilu. Il est très motivé par son travail et souhaite réussir de tout cœur. Il m’a confié avoir peur « d’être viré » – ce qui est, après tout une crainte tout à fait normale. Il est apaisé dans le quotidien et se sent utile comme les autres.
Et nous ? Quel plaisir de pouvoir répondre quand on me demande comment va mon fils : « Il travaille dans une boulangerie ».

Merci Farilu !!